Guéguerre 3 ; un petit extrait

Publié le par Le Spain - Chouetta

Pour fêter le retour de l'été, un petit passage de la Guéguerre 3, où nos héros sont toujours aux prises avec leur féroce ennemie de toujours, feu Dark X....


Les secondes se transformèrent en minutes, les minutes en heures, les heures en jours, les jours en semaines, les semaines en mois, et la phrase était complètement oubliée lorsque revint l'idée qui lui avait donné naissance. Cette idée n'était pas nouvelle, puisque l'univers lui-même était un éternel recommencement. Mais c'était quand même un recommencement.

-Et alors quoi ? demanda Tom. Ca fait déjà trois fois que je prends ton tour de cuisine à ta place. Qu'est-ce que tu vas encore me sortir comme excuse ?

-J'arrive, répondit mécaniquement Fanny, les yeux rivés sur son holo-écran plat, et ses doigts se déplaçant avec dextérité sur sa manette.

Le lieutenant Szrtpqsdfghjklmwxcvbn soupira. La même scène se répétait avec Lucas et Ben, pianotant frénétiquement sur les touches de leurs ordinateurs. Comme à son habitude, Chou boudait tandis que Pi et Spain s'adonnaient avec la même ferveur à une activité similaire.

Les choses avaient vraiment mal évolué depuis qu'ils avaient redécouvert l'ancienne base impériale de Gesaril, et surtout, sa source d'énergie toujours intacte, basée sur la géothermie.

Autant dire que Tom aurait largement le temps de se transformer en un petit tas de cendres avant que le coeur de la planète soit trop froid pour fournir la moindre parcelle d'énergie aux machines de ses amis.

Trois mois qu'ils créchaient là et toujours aucune nouvelle manifestation de feu Dark X - enfin Dark Pouët Pouët - ni aucun moyen de séparer les triples amiraux. En même temps, pour ce qu'ils y avaient réfléchi...

C'était la raison même de leur connexion première, essayer de trouver un remède à ce mal, surtout préoccupant pour Chou. Quelles seraient les conséquences sur sa grossesse ? Un triple bébé finirait-il par naître ? Il n'en était absolument pas question pour l'Impératrice Absolue de Barunestaï.

Mais voilà, après des jours passés à errer dans la jungle remplie de boas, la tentation avait été trop forte, et ils avaient tous allègrement plongé dans le grand WOW.

Résultat, Tom se retrouvait seul pour assurer la chasse, la cuisine, la sécurité, bref toutes les tâches quotidiennes qui permettaient de veiller au bon déroulement de la mission - s'il en restait une.

Des Gesarils venaient régulièrement leur rendre visite, les petites bestioles s'amusant follement à prendre l'air d'hyper concentration des officiers.

Une vague de colère monta en Tomtom. Il savait qu'il risquait le Côté Obscur à vie, mais il n'en avait cure à ce moment-là. Il était prêt à se sacrifier pour que ses amis retrouvent leur liberté, même s'il fallait pour cela qu'il devienne un monstre à leurs yeux.

Il pensa à Fanny plantée devant son holo-écran, à son regard qui ne déviait pas de son objectif quand il lui parlait, à Lucas qui l'ignorait également (toujours vexé de ne pas avoir été élu Mister Chrisaor ?), à ChouPiSpain qui préférait trucider des monstres en compagnie de Ben plutôt que d'aller sauver la galaxie en détruisant Dark Pouët Pouët une bonne fois pour toute....

Jamais Tom n'avait réussi à concentrer autant de colère et de frustration en lui. Enfin ! Il se sentait tout proche du Côté Obscur maintenant...mais la joie soudaine qu'il éprouva dissipa sa main-mise sur sa colère qui disparut en même temps que sa frustration, alors qu'un sentiment de plénitude l'envahissait.

Le lieutenant réprima un "Zut" de circonstance. Il n'aurait pas cru qu'atteindre le Côté Obscur demandât un si grand effort de volonté. Pourquoi lui serinait-on en permanence qu'il était si facile d'y basculer ?


Il faisait chaud dans la pièce saturée de matériel électronique, et la mèche de Lucas oscillait dangereusement à mesure que l'énorme quantité de cire d'abeilles géantes de Barunestaï qu'il avait appliqué pour l'occasion se liquéfiait, répandant la fraîche senteur de fleurs des bois. Tom s'épongea le front avant de se préparer pour une nouvelle tentative, la gorge sèche. Depuis quand n'avait-il pas bu d'alcool à ce propos ? Leurs réserves n'avaient pas tenu bien longtemps en regard de leur consommation effarante. Eux avaient le jeu, mais lui n'avait rien à substituer au doux plaisir que lui procurait la descente glacée du liquide dans sa gorge, avant qu'il ne répande ses ondes brûlantes jusqu'aux extrémités de ses doigts.

Et c'était leur faute ! Cette fois-ci, la colère fut bien plus prompte à venir, et bien plus forte. Il allait y arriver !

Il se concentra encore plus, jusqu'à ce que des chatouilles le fassent rire. Il ouvrit ses yeux larmoyants pour tenter de voir qui osait encore l'interrompre, mais il se rendit compte que des éclairs bleus couraient sur lui, provoquant ces sensations ni amusantes ni déplaisantes.

Avec un large sourire, il continua de penser au nombre de bouteilles qu'il aurait pu vider s'il n'avait pas été coincé ici, tout en essayant de faire revenir les éclairs vers ses mains pour qu'ils le chatouillent moins.

Bon, très bien, ses doigts le picotaient, il était auréolé de bleu, mais comment pouvait-il maintenant obliger l'électricité à le quitter ?

Il ferma les yeux et se concentra, visualisant l'énergie jaillissant de ses dix doigts pour frapper ces maudits ordinateurs blindés par le seul point faible qu'il avait identifié : la prise de courant.

Des cris fusèrent lorsque les machines s'enflammèrent brusquement, émettant d'âcres poussières noirâtres. Tom se sentit glisser au sol, vidé de son énergie comme une vulgaire pile déchargée.

Il perçut quelques hurlements de fureur et d'incompréhension avant de plonger dans les ténèbres, celles de l'inconscience bien sûr, et non du Côté Obscur.


*****


Lorsque Tom ouvrit les yeux pile poil douze heures plus tard, trois simples personnes et deux tiers d'une triple personne le dévisageaient non pas avec soulagement comme il l'eut espéré, mais avec une colère tout juste contenue. Le remerciement silencieux de Chou lui donna la force de continuer malgré tout.

-Qu'as-tu fait, toutes mes sauvegardes ont été effacées, comment je vais faire maintenant ? fit Fanny, les yeux lançant des éclairs.

Tom vit qu'elle avait adopté la posture des "poings sur les hanches", signe précurseur qu'elle allait lui passer un savon. Autant que ce soit pour une bonne raison.

-Je me suis sacrifié pour vous sauver tous ! hurla-t-il. Je suis passé exprès du Côté Obscur, et maintenant je suis à jamais marqué par l'acte abject que vous m'avez forcé à perpétrer, mes yeux vont devenir jaunes ou rouges, je vais perdre mon sublime bronzage, et en plus, je vais rider prématurément, alors je ne serai pas contre une minute de reconnaissance !

Abasourdi, Pi finit par demander :

-Mais de quoi tu parles ? Nous t'avons sauvé in extremis alors que la base avait subitement pris feu, sûrement une attaque aérienne d'ailleurs, et...

-Vous n'y êtes pas ! C'est lui qui a détruit la base, coupa Fanny.

-Pour vous sauver ! Vous étiez tous à fond sur vos jeux, sans penser au péril qui nous menace tous, et plus spécialement l'amiral, l'aviez-vous oublié ? Cela fait des semaines qu'il ne se passe plus rien ici...

Un silence pesant s'abattit sur le groupe, brisé quelques instants plus tard par la voix de Chou :

-Je vous l'avais dit ! s'exclama-t-elle, triomphante.

-Oui, bon, ça va, on a pigé, maugréa Spain. On fait quoi alors ? Nous devions aller sur une planète remplie de boas des bois, c'est fait, mais quel indice avons-nous récupéré pour notre prochaine étape ?

-Y avait pas un HoloCon Sith ? fit Lucas après une intense minute de réflexion.

-Je sais pas si en tant que Jedi, on peut suivre les directives d'un HoloCon Sith sans tomber dans le Côté Obscur par la même occasion, dit pensivement Chou.

-Surtout qu'on n'avait rien compris à son message, ajouta Fanny.

-On devrait regagner le Chrisaor et cogiter à tout ça en orbite, proposa le lieutenant Georges.

-Et moi là-dedans ? Je vais devenir quoi ?

Tom semblait terrifié par son avenir.

-Bah, préviens-nous quand tu te sentiras Sith, et on viendra te mettre une dérouillée qui te fera revenir dans le droit chemin, si tu y survis, conclut Chou, fataliste.


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